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Rousseau et le regard vers l’autre


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Rousseau et le regard vers l’autre


Musée d’art et d’histoire

Rue Charles-Galland 2

1206 Genève

Ma-di 10h-18h

Lu fermé

salle romaine, rez inférieur

salle des pastels, 1er étage

Regarder l’autre pour apprendre et s’enrichir soi-même est une thématique fondamentale dans la pensée de Rousseau. Il est ainsi cité par Claude Levi-Strauss comme le fondateur de l’anthropologie et de l’ethnologie modernes. En effet, le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, paru en 1755, offre une nouvelle approche de la nature humaine et de la vie en société. L’apport que l’observation des autres fournit à l’observation de soi y est très important. Un autre texte fondamental dans cette perspective est l’Essai sur l’origine des langues. Rousseau y dit, au chapitre 8: "Quand on veut étudier les hommes, il faut regarder près de soi ; mais pour étudier l'homme, il faut apprendre à porter sa vue au loin ; il faut d'abord observer les différences pour découvrir les propriétés."

Pour Rousseau, cette envie d’aller vers l’autre, de le découvrir et de se construire à travers autrui, ne concerne pas seulement ce qui est loin de chez lui. Il est également passionné par ce qui est éloigné de lui dans le temps. Il est ainsi fasciné par les sociétés antiques, en particulier celles des Grecs et des Romains. Enfant, il se plongeait déjà, en compagnie de son père, dans la lecture des Vies des hommes illustres rédigées par Plutarque. Dans les Confessions, qu’il écrit à la fin de sa vie, Rousseau se rappelle ces moments parmi les plus heureux de sa vie. Au chapitre 1, il dit: "Sans cesse occupé de Rome et d’Athènes, vivant pour ainsi dire avec leurs grands hommes, je me croyais Grec ou Romain ; je devenais le personnage dont je lisais la vie."

Dans ses Considérations sur le gouvernement de Pologne, ouvrage rédigé entre 1770 et 1771, il vante les sociétés antiques, qui étaient faites d’hommes qu’il juge meilleurs que ceux de son époque. Au chapitre 2, il dit: "Quand on lit l’histoire ancienne, on se croit transporté dans un autre univers et parmi d’autres êtres. Qu’ont de commun les Français, les Anglais, les Russes, avec les Romains et les Grecs ? Rien presque que la figure… Ils existèrent pourtant, et c’étaient des humains comme nous. Qu’est-ce qui nous empêche d’être des hommes comme eux ?". Ailleurs il écrit (Lettre à d’Alembert sur les spectacles): "Les Anciens avaient des héros… à peine nous avons des hommes". En réalité, dans son œuvre, les références à l’Antiquité sont omniprésentes et il recommande à tous de s’inspirer de cette période de l’histoire, qui a joué un grand rôle dans la formation de sa pensée.



Expérience à faire : Moi et l’autre, l’autre et moi

La salle des antiquités romaines dans laquelle vous vous trouvez abrite de nombreux portraits sculptés. Pour la plupart, ils représentent des personnages illustres ayant vécu il y a environ 2'000 ans.

Le portrait de Rousseau se trouve parmi eux. Sans perruque, torse nu, le visage complètement de face, il a été représenté à la manière d’un portrait antique par l’artiste genevois James Pradier. Repérez-le tout d’abord. Il fait face à Auguste, grand homme politique et premier empereur de Rome.

Le regard qu’échangent les deux hommes est une invitation à expérimenter cette thématique essentielle pour Rousseau: que nous apporte le regard de l’autre ou celui que l’on porte vers l’autre ? À vous de jouer ! Que vous évoquent ces visages d’antan ? Qui sont ces personnages ? Quels sont les points communs entre eux et vous ? Que retrouvez-vous d’eux en vous ? Et de vous en eux ? Quelles sont les différences ? Et surtout, n’oubliez pas de vous confronter au portrait de Jean-Jacques Rousseau !



Si le cœur vous en dit, partez maintenant à la recherche d’un autre portrait de Rousseau, présent dans les collections du musée. C’est l’œuvre de Maurice Quentin de la Tour, célèbre pastelliste qui a fréquenté Rousseau. Le portrait se trouve à l’étage des beaux-arts, dans la collection des pastels du 18e siècle. Vous verrez que Rousseau est représenté bien différemment qu’ici, en salle romaine. Il porte notamment perruque et bel habit… tout à fait à la mode du 18e siècle. Vous y trouverez également des portraits de personnes que Rousseau a personnellement connues… continuez d’exercer votre regard à la découverte de l’autre, si riche pour soi-même !






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