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Principes sur la liberté du commerce des grains


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Principes sur la liberté
du commerce des grains

(1768)
.

Louis-Paul Abeille.

Paris, juillet 2014

Institut Coppet

www.institutcoppet.org






Notice sur Louis-Paul Abeille


     Louis-Paul Abeille est né en juin 1719 à Toulouse. Il s’installa dès son jeune âge en Bretagne, où, après de brillantes études, il devint avocat au Parlement de Bretagne. Intéressé par les questions économiques, il se joignit au projet de création d’une Société d’agriculture, de commerce et des arts, et obtint un poste au sein du bureau central de Rennes. L’énergie qu’il déploya pour les activités de la Société, ainsi que ses capacités peu communes d’observation, d’analyse, et de synthèse, ne tardèrent pas à en faire un membre indispensable. C’est ainsi qu’il fut chargé, avec le nantais Montaudouin de la Touche, qui avait déjà prouvé ses capacités d’auteur en économie politique, de préparer les Corps d’Obser-vations de la Société. Cette expérience lui fut éminemment utile, car la suite de sa carrière fut brillante. En juillet 1764, il fut nommé conseiller au Contrôle général pour le commerce et les manufactures. En juin de l’année suivante, il fut promu au poste d’inspecteur général des manufactures et du commerce. En 1768, enfin, tandis qu’il publiait un ouvrage très remarqué de théorie économique, il obtint le poste de secrétaire du Bureau du commerce.

      En octobre 1763, Louis-Paul Abeille avait fait publié une brochure intitulée Lettres d’un négociant sur le commerce des blés, dans laquelle la doctrine physiocratique était exposée et défendue avec vigueur et talent. L’auteur fut approché par les disciples de Quesnay, et rejoignit le mouvement. Il publia ensuite des Réfle-xions sur la police des grains en Angleterre et en France (1764), et un autre opuscule, l’année suivante, traitant des Effets d’un privilège exclusif en matière de commerce sur les droits de propriété. Sa carrière littéraire prit un tour nouveau en 1768, bien après ses années passées au sein de la Société de Bretagne, et celles passées autour de Vincent de Gournay. Cette attente ne fit qu’accroître la qualité de ses écrits, et la pureté de sa pensée, qu’il avait laissée remuer pendant une longue décennie. Malgré son style « froid et lourd » (dixit Dupont de Nemours, pourtant lui aussi physiocrate) Abeille était un promoteur efficace et admiré de la doctrine de la liberté du commerce.

     C’est sur ce terrain, d’ailleurs, qu’il ferrailla avec le plus de brio. En avril 1768, la librairie Desaint, à Paris, mit en vente une petite brochure intitulée Faits qui ont influé sur la cherté des Grains, en France et en Angleterre. Très bien accueillie par l’école physiocratique de Quesnay, on en lu des commentaires très élogieux dans les Éphé-mérides du Citoyen. À peine ce premier succès était-il consommé qu’on annonçait déjà son nouveau livre, des Principes sur le commerce des grains : « On nous annonce un autre Ouvrage sur le même sujet, et du même Auteur, pût-on lire à l’époque dans les Ephé-mérides. Les talents, la lumière et la sagesse qu’il a déployés dans un grand nombre d’Écrits économiques, qui sont distingués par leur lucidité, garantissent d’avance le mérite et le succès de celui qu’il va donner au public. »

     En septembre 1768, Étienne Maynon d’Invault fut nommé Contrôleur général des finances, en remplacement de L’Averdy. Physiocrate convaincu, il demanda à trois économistes, l’abbé Morellet, Dupont de Nemours, et notre Louis-Paul Abeille, de l’épauler en tant que conseillers, et de participer à des réunions hebdomadaires, tous les jeudis soirs, « pour causer d’économie politique ». Le ministre, en témoignage de l’estime qu’il portait à ce brillant économiste, nomma Abeille secrétaire du Bureau du commerce par arrêt du 19 décembre 1768.

     En 1769, pour protéger sa nouvelle carrière dans l’admi-nistration, et par fatigue devant les tendances de plus en plus sectaires de l’école de Quesnay, Abeille décida de se séparer d’eux. Il envoya deux lettres à Dupont de Nemours, leur principal leader, pour demander qu’il ne soit plus considéré comme faisant partie de leur mouvement. Dans sa « Notice abrégée sur les économistes », Dupont de Nemours écrivit : « Nous nous voyons à notre grand regret obligés de passer sous silence les écrits d’un seul auteur, auteur connu et recommandable, qui l’a exigé de nous avec les plus fortes instances à deux reprises par deux lettres différentes qu’il a pris la peine de nous écrire, et malgré tout ce que nous avons pu lui représenter. Cet auteur n’a pas daigné nous faire part de ses motifs : nous ignorons si ses opinions sur les matières économiques ont changé, s’il désapprouve aujourd’hui les principes exposés dans ses ouvrages, s’il voudrait les désa-vouer. » Par la suite, Abeille défendra Necker dans sa contro-verse avec Dupont de Nemours.

Finissons cette présentation en indiquant que Louis-Paul Abeille était fort apprécié de Turgot, qui l’avait rencontré la première fois en Bretagne, lors de la création de la Société d’Agri-culture, tandis qu’il visitait cette province avec Gournay. Par signe d’amitié, Turgot le surnommait Apis (« abeille », en latin), et s’in-téressa toujours à ses écrits. À Dupont de Nemours, l’éditeur des Éphémérides du Citoyen, il écrivit un jour : « Il est dommage que vous ne puissiez pas aussi donner gratis au public ses œuvres prolixes. Vous y gagneriez, je crois, plus que vos frais. » Voilà désomais un vœu exaucé.
Benoît Malbranque





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