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Acrostiches et autres


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Que Vlo-Ve ? Serie 4 No 9 janvier-mars 2000 pages Divers

Sommaire / Conditions d’adhesion / Ventes et catalogues 1997 / Apollinaire au jour le jour / Comptes rendus / Informations

© DRESAT


ACROSTICHES ET AUTRES
par Gilbert DETHIER
Que vlo-ve dans son numéro 21, troisième série, de janvier-mars 1996 nous a proposé sous la plume de Michel Décaudin une étude intitulée «Autour de Stavelot, deux cahiers et un agenda». Certains passages de ce document, et notamment les citations extraites du cahier de Stavelot, ont attiré mon attention et à l'invitation du président de ce Colloque 1999, j'ai le plaisir de vous présenter quelques identifications stavelotaines concernant entre autres des acrostiches d'Apollinaire.

Les sources consultées sont les suivantes :

1. Les registres d'Etat civil de la Commune de Stavelot pour les années 1865-1910 (naissances et mariages) ;

2. Les registres de la Population de la Commune de Stavelot pour les années 1890-1900 et 1910 ;

3. Les hebdomadaires L'Annonce et La Semaine de juillet à octobre 1899.

Cependant bon nombre de précisions qui vont suivre ont pu être réalisées grâce à l'étroite collaboration de Madame Yvonne Gruselin, épouse Pierre Joseph. Elle a connu des personnes citées par Guillaume Apollinaire ; son papa était cousin germain de Maria Dubois et sa grand-mère en était la marraine.

1
Mareie Aili Dadite dupont, mentionnée au verso de la page de garde du cahier de Stavelot dans une énumération de noms et de mots wallons.
Ces prénoms se retrouvent chez une demoiselle Marie, Adélaïde, Marguerite... Bonnelance née à Coo le 28 juin 1881, qui avait donc 18 ans en 1899.

Le prénom Aily ne se rencontre chez aucune autre personne à Stavelot en 1900 ; c'est un prénom qui fait partie du «patrimoine» d'une seule famille - toujours par les femmes évidemment et ce depuis plus de 150 ans en 1899 - le document le plus ancien date de 1750.

Aily se marie le 2 avril 1904 et elle décède à 38 ans le 22 septembre 1919. Entre-temps, Aily aura eu un garçon et une fille prénommée Marie-Eve (Éva). Il n'y aura plus d'Aily dans la famille... le charme est rompu.

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2- LA FAMILLE DUBOIS
Jean. François, Joseph Dubois. né en 1823, mort en 1895, épouse le 26 août 1823 Marie-Thérèse Isard, née en 1825, morte en 1892. Ils ont huit enfants :

Marie, née en 1848, épouse Joseph Gruselin, dont elle aura sept enfants de 1867 à 1890;

Julienne, née en 1851, qui épousera Hubert Blaise (dix enfants de 1871 à 1893);

Léon, né en 1854, dont il sera questions plus loin ;

Henriette, née en 1857, épouse Jean-Joseph Servais (cinq enfants de 1879 à 1892).

Noël, François, Joseph, né en 1859 ;

Magdeleine, née en 1866, épouse Prudent Georgin (deux enfants, 1891, 1897);

Antoinette, née en 1868, épouse Alfred Tombeux (quatre enfants de 1889 a 1898);

Emile, né en 1872, épouse Marie Leroy (quatre enfants de 1893 à 1905). Léon Dubois est donc le troisième enfant du couple. Il mourra en 1932. Le 3 avril 1880 il a épousé Sophie Grojean (1852-1919), dont il aura quatre enfants :

Antoine (27 novembre 1873 - 6 juin 1905), célibataire, exerça le dur métier de scieur de long ;

Maria (3 janvier 1881 - 9 février 1919), notre Mareye ;

Irma (13 août 1882 - 8 septembre 1942), épouse un joaillier bruxellois, Joseph Meesters ; mais son bonheur conjugal est de courte durée, car son époux décède en 1911. Comme avant son mariage, elle prend alors du service chez des particuliers jusqu'en 1937, date à laquelle elle devient gérante d'un café à l'Allée Verte pendant trois ans.

Jeanne (12 décembre 1886 - 20 septembre 1915), épouse Georges Wetz en 1910. Ils ont quatre enfants en cinq ans : Serge, Régine (qui, veuve Ansiaux, vit toujours à Bruxelles), Jacques et Claire (veuve Lésenfants, elle réside toujours à Stavelot). Jeanne meurt en 1915 de la même maladie qui atteindra Maria, la tuberculose incurable à l'époque, qui était le fléau de certaines familles.

Maria Dubois (qui, si l'on compte bien, n'avait à Stavelot en 1899 pas moins de vingt-huit cousins et cousines) quitte Stavelot le 30 mars 1905 pour Ixelles, 35 rue du Châtelain, d'après le registre des sorties de la commune, mais elle n'a jamais été inscrite à cette adresse. Elle a été quelque temps en service dans une famille, puis on la retrouve chez ses parents, rue Basse. Elle exerce alors le métier de repasseuse. Elle est hospitalisée une première fois du 30 août au 20 décembre 1916, puis le 23 décembre 1918. Elle mourut le 9 février 1919 et fut inhumée le 12 février à 8 h. ½.

Léon Dubois et sa femme tiennent le Café des Brasseurs, place du Vinâve. Dans la même liste de noms et de mots wallons mentionnée plus haut Apollinaire l'avait relevé sous le titre «Au rendez-vous des brasseurs». Il avait été ouvert par un

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brasseur et quatre marchands de bière pour s'opposer au cercle ouvrier-catholique créé par les patrons tanneurs, qui se fournissaient à Malmedy, c'est-à-dire en Prusse.

Le café des Brasseurs fermera ses portes avant la guerre de 1914-1918 tandis que le Cercle ouvrier deviendra ultérieurement le Versailles.

(À propos du mot «cutnée» également noté par Apollinaire, on complétera la note de Michel Décaudin dans «Autour de Stavelot... », «repas de pommes de terre cuites sur la braise» par ceci : «ce plat régional célébrant la récolte des pommes de terre (septembre-octobre-novembre) est toujours resté jusqu'à ce jour dans les coutumes»).

3. - LES ACROSTICHES


antoine. Acrostiche illisible, cahier de Stavelot, f° 41 verso, p. 15 dans Que vlo-ve ? de janvier-mars 1996.

Il ne faut pas chercher bien loin ; Antoine est le frère de Maria Dubois.


marie-emile. Acrostiche resté à l'état de projet, qui devait célébrer un mariage. Cahier de Stavelot, f° 41 verso, p. 15 dans Que vlo-ve ? cité.

Le registre des mariages pour l'année 1898 nous révèle que Marie Hubertine Leroy a épousé Jean Hubert Emile Dubois, le 11 février. Beaucoup d'éléments plaident pour la célébration à posteriori de ce mariage :

1. Sur l'acte de mariage les époux signent Marie et Emile ;

2. Emile Dubois n'est autre que le plus jeune frère de Léon Dubois (père de Maria Dubois) ;

3. Lequel Léon Dubois est témoin au mariage, ce qui confirme des liens familiaux étroits.

Marie et Emile s'installèrent plus tard à l'Allée Verte où ils ouvrirent un café jusqu'en 1937, date du décès d'Emile ; c'est Irma Dubois, la sœur de Maria, qui reprendra l'établissement pendant 3 ans.

Quant à Marie Leroy, elle décédait le 7 mai 1931.
louise - ÉLODIE. Cahier de Stavelot, f° 49 verso, p. 11-2 dans Que vlo-ve ? cité.

J'avais déjà cherché parmi les prénoms depuis 1864 et pas la moindre trace d'Élodie. C'est normal puisque Elodie est née à Rochefort.

Louise (17 ans) et Elodie (19 ans) Daron n'ont fait que passer à Stavelot. Avec leur mère, elles vinrent s'installer place du Marché.

Elodie se maria à Stavelot le 28 septembre 1899 et déménagea à La Louvière.

Louise se maria à Stavelot le 11 avril 1901 et s'en alla à la même date au Guatemala.

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Nous avons tous remarqué qu'Élodie et Louise se retrouvent sous une autre forme, dans les poèmes inédits (Po, 843).
MARGUERITE . Cahier de Stavelot, f° 43 recto, p. 13 dans Que vlo-ve ? cité.

Les époux Constant-Lekeu domiciliés rue Neuve à Stavelot - où séjournait Guillaume - avaient une fille prénommée Marguerite (23 ans en 1899).

L’acrostiche eût-il annoncé son mariage qui fut célébré le 29 août 1900 ?
ALICE - henriette. Un dernier acrostiche double a été évoqué par Maurice Pilon dans Savoir et beauté, n° 1-2-3, de 1964. Il figure sur une page du cahier de Stavelot dont Jacqueline Apollinaire a fait don au musée. Il concerne Alice et Henriette.

En face de la pension Constant, la boulangerie Job était visible de la chambre des frères Kostrowitzky.

La famille était constituée de la veuve Job, de son fils Emile, le boulanger, et de ses deux sœurs, Alice et Henriette, 18 et 26 ans.

L'activité de ces jeunes filles a été dès lors décrite par Guillaume Apollinaire.

Henriette est restée célibataire et est décédée à l'Hôpital Saint-Nicolas à Stavelot en 1931 à l'âge de 58 ans, tandis qu'Alice a épousé en 1903 un négociant en bois nommé Maréchal. Les époux quittèrent Stavelot le 16 novembre 1921 pour s'installer à Liège : je n'ai pas cru utile de poursuivre les recherches.
4. - LA FOUGERE
En 1899, la plus ancienne et la bien nommée société de divertissement La Bourgeoise compte trois sections : une chorale, une symphonique et une dramatique.

Parmi la dramatique il est une vingtaine de jeunes gens qui décident de créer un cercle littéraire qu'ils baptisent «La Fougère».

Leurs buts : cultiver l'art dramatique et organiser deux fois par mois des conférences ou des débats littéraires. Par exemple ; Fernand Blondeau, futur professeur, retrace l'histoire du théâtre.

Qui sont-ils ? La liste nominative ayant déjà été citée dans Stavelot au temps d'Apollinaire, bornons-nous à relever quelques particularités :

- pour plus des ¾ ce sont des jeunes gens entre 20 et 30 ans ;

- s'ils ne sont pas des étudiants qui deviendront professeurs, médecins, éditeurs, marchands tanneurs, ils sont titulaires de professions libérales voire artistiques ;

- ils sont soutenus financièrement par quelques bonnes fortunes stavelotaines.

Cependant, «La Fougère» a tout de même une particularité : elle ne compte que trois dames et vous aurez peut-être déjà deviné de qui il s'agit ; de Maria, Irma et Jeanne Dubois. Il est vrai que l'interprétation de La Sensitive ou du Chapeau de

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paille d'Italie ne peut normalement se concevoir sans quelques dames, fussent-elles bonnes ou modistes.

Les demoiselles Dubois cessent leur activité théâtrale en 1903, tandis que «La Fougère» ne donne plus signe de vie après 1909.

Pendant une décennie, nous avons peut-être été loin de «ces braves Stavelotains s'embêtant soir et matin» dont un certain Wilhelm de K. s'est gaussé lors de ses vacances stavelotaines.

APPENDICE


La Semaine, hebdomadaire stavelotain, a tenu régulièrement ses lecteurs au courant des activités de La Fougère. Des articles publiés entre 1899 et 1903 nous donnons ci-dessous ceux qui nous semblent le mieux refléter la vie de l'Association et qui évoquent la participation des sœurs Dubois.

Art dramatique. - Il vient de se constituer a Stavelot, sous le titre «La Fougère», un Cercle ayant pour but la culture de l'art dramatique. Le local, absolument privé, se trouve chez Constant-Lekeu, rue Neuve, où deux réunions se tiennent par semaine : le mercredi et le dimanche.

Les amateurs qui désireraient faire partie de ce Cercle sont priés d'envoyer une demande écrite au local à l'adresse de M. le Secrétaire. (Communiqué)

(15 octobre 1899)


Maurice Piron s'était déjà étonné que la création de «La Fougère» n'ait été annoncée qu'à cette date alors que la Société existait déjà depuis plusieurs semaines. Mais il n'est pas exceptionnel qu'une déclaration officielle vienne confirmer plutôt qu'annoncer la formation d'une association.
La première soirée fut un succès, si l'on en croit ce compte rendu publié le 3 décembre (où Irma et Maria sont discrètement mais élogieusement nommées).
Concert du 26 novembre. - L'ouverture des soirées que nos sociétés organisent chaque hiver a été faite selon l'habitude et d'excellente façon, comme toujours, par La Bourgeoise.

Il y avait belle chambrée dans la salle du Casino, resplendissante de clarté. Disons de suite que le nouvel éclairage s'est imposé du coup, malgré l'inachèvement de l'installation, par sa force et sa fixité. Les jeux de lumière ont parfaitement marché, l'aspect de la scène (hormis les décors) était superbe.

Quelques petits changements au programme : dans la première partie, au lieu de l'intermède, nous avons réentendu Le Grand-Père qu'a précédé une rêverie de M. Humblet, pour violons et piano, tandis que dans la seconde moitié nous étions privé d'Iwan Fouyat, empêché d'accompagner sa mère. Le public, bien qu'accaparé jusque minuit, a manifesté sans cesse le plus vif intérêt. C'est assez dire que la production des divers numéros était bonne !

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Parlons d’abord de la partie musicale. L’interprétation du premier chœur, L’invitation, de Jouvet, a quelque peu laissé à désirer. Mais aussi que de difficultés cette belle page ne présente-t-elle pas ? Nos braves Bourgeois sont donc plutôt excusables et ne pouvaient guère atteindre un autre résultat. Ils ont du reste pris la revanche dans Voyage en Chine, de Bazin, où ils ont chanté avec délice le fameux cidre de Normandie. L'orchestre manquait de préparation dans les quatre morceaux qu'il a exécutés. Ceux-ci ont cependant été goûtés de l'auditoire. Avec plus de nuances et un accompagnement moins lourd ce sera tout à fait bien.

Était-elle plantureuse la partie dramatique et a-t-elle donc plu ! La dernière pièce surtout, Disparu /d'Edmond Duesberg, a soulevé un fou rire continuel. Tous les acteurs incarnaient leur rôle à merveille et tous brûlaient les planches. Nous les félicitons bien sincèrement et nous adressons nos plus vifs éloges a Mlle I. Dubois, qui a donné au personnage de Céline une note très juste. Le Grand-Père a retrouvé son succès d'émotion : les scènes touchantes de ce beau drame ont été fidèlement rendues. Nos compliments a Mlle M. Dubois, une gentille Mariette, et ses vaillants partenaires. Supérieure fut la saynette Divorce et Dynamite par Mme Fouyat et A.A.. Tous deux ont joué en artistes et ont recueilli de chaleureux applaudissements. Plus ingrate, la saynette Un crâne sous une tempête pour Mme Fouyat et A.L. abondait néanmoins d'esprit et a récolté sa part de bravos. C'est dans l'intermède principalement que nous avons revu en Mme Fouyat l'artiste personnelle. Sa berceuse a fait perler plus d'une larme aux yeux qui, une minute plus tôt, s'illuminaient de gaîté. Nous la félicitons de nouveau avec plaisir. A.L. a paru aussi dans l'intermède Je me fais vieux, une chansonnette de genre que l'on a fort appréciée.

Comme nous le disions plus haut, le concert a duré jusque minuit et jusqu'à la fin le monde s'est amusé. Le bal, bien que commencé trop tard, a présenté une franche animation. La fête a donc réussi sur toute la ligne. Honneur en soit à notre vieille chorale.

Nouveau signe d'attention le 11 février 1900. Le chroniqueur anonyme ne détaille pas le programme, «étant trop directement intéressé à son élaboration». Il ajoute seulement :


Nous nous contenterons de féliciter Mlles Marie et Irma Dubois, qui toutes deux ont gagné beaucoup de scène et donnent très gentiment la réplique à leurs partenaires.

Les deux sœurs sont encore à l'honneur le 22 avril dans cette relation du spectacle de Pâques :


Le concert de Pâques a été un succès d'interprétation pour les sections symphonique et dramatique de La Bourgeoise. Il serait difficile, pour des amateurs, d'arriver à plus beau résultat. On ne peut que regretter le concours fâcheux de circonstances ayant empêché nombre d'habitués des soirées de notre vieille chorale de répondre à son appel.

L'orchestre, conduit par M. Octave Micha et puissamment renforcé de MM. Micha père et frères, tous excellents artistes, nous a donné quelques morceaux du meilleur goût, fort appréciés et fort applaudis. L'intermède était bien composé. Plusieurs numéros ont soulevé des rires homériques et des tempêtes de bravos. Mais c'est dans la pièce, L'Hôtel Godelot, vaudeville en 3 actes aux situations désopilantes, que la gaieté a atteint son paroxysme. Tous les acteurs incarnaient parfaitement leur rôle. Quant à M1les M. et I. D., elle se sont montrées très en progrès, elles ont acquis beaucoup de naturel en scène. Nous les félicitons cordialement.

Il va de soi que le bal devait être animé après une préparation si joyeuse. On a donc clos avec entrain la saison des fêtes hivernales.

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Le 18 novembre, on célèbre en grande pompe la Sainte-Cécile avec ce programme :


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Le journaliste qui signe cette fois X, évoque cette soirée du 2 décembre dans un article qui donne le climat des réjouissances stavelotaines de l'époque, tout en soulignant une fois de plus les qualités des sœurs Dubois.
Concert de La Bourgeoise. - Les trois sections chorale, symphonique et dramatique de l'aînée de nos Sociétés se sont également bien comportées dimanche dernier et, s'il n'y avait pas foule pour les applaudir, au moins le public déjà nombreux qui occupait la salle du Casino fut-il unanime et sincère dans les applaudissements que déchaîna le programme du premier au dernier numéro.

Sous l'énergique direction de M. Octave Micha, les deux chœurs ont été enlevés avec beaucoup de netteté. La Bourgeoise est en bonne voie et fera excellente besogne. Parfaitement exécutés aussi les morceaux mis au pupitre par la symphonie : un vrai régal de musique.

La section dramatique s'est révélée fort en progrès, ses deux charmantes partenaires surtout, Mlles Maria et Irma Dubois, et son inimitable concierge, pardon, membre M. Henri Dumoulin. L'interprétation de Monsieur Boucle, tout particulièrement, mérite des éloges. N'oublions pas le grimeur, M. Henri Ernotte, pour ses têtes si réussies !

Comme on le voit, succès sur toute la ligne, à part le bal, par exemple, qui n'est pas resté dans le ton de la soirée. C'est chose regrettable, les bals de La Bourgeoise constituant jusqu'aujourd'hui une des rares occasions de réunion pour la jeunesse de notre ville. Chose d'autant plus regrettable que la faute n'en est pas à l'intéressée elle-même, mais plutôt à la tenancière de l'établissement que nous ne félicitons pas pour son rôle dans le concert : la lumière et le feu, rôle de première importance et bien mal compris !

X

Le 7 avril 1901 est donné Un chapeau de paille d'Italie avec des intermèdes musicaux. Les sœurs Dubois, avec, pour la première fois, la cadette Jeanne, se partagent tous les rôles féminins. On lira dans La Semaine du 14 :


Notre vieille chorale La Bourgeoise peut être fière du succès qu'elle a obtenu dimanche : il y avait foule a son concert, foule a son bal, et tous deux ont clos avec le maximum de gaieté et d'entrain la série des soirées hivernales.

Un mot d'abord pour féliciter la société, principalement la vaillante section dramatique, de la façon active dont le programme fut conduit. C'est tout au plus si le public avait le temps de se remettre du fou rire qui le secouait pendant les scènes désopilantes du Chapeau de paille d'Italie. Le rideau était a peine tombé pour la dernière fois que déjà les couples tournoyaient, nombreux et sous l'impression joyeuse des mésaventures du brave Nonancourt et de sa noce vagabonde.

Si la pièce était amusante, la partie musicale ne laissait rien à désirer. Le sympathique directeur, M. Octave Micha, avait composé un brillant orchestre qui exécuta quelques jolis morceaux fort applaudis. La Bourgeoise donnait deux chœurs nouveaux, très bien étudiés et très goûtés, le second surtout, qui fit apprécier la voix nette et agréable du soliste, M. Oscar Fonsny. On eut encore le plaisir de l'entendre dans une mélodie suave et originale : Nuit d'été, paroles de M. Fernand Blondeaux, musique de M. Octave Micha, chantée avec accompagnement d'instruments à cordes. Les bravos soulignèrent comme il le méritait ce numéro délicat du programme.

Il faut reconnaître que les acteurs de La Bourgeoise possèdent une belle dose de volonté pour avoir mené à bonne fin l'entreprise hardie de jouer le célèbre vaudeville en cinq actes de Labiche, Un chapeau de paille d'Italie, sur la scène exiguë du Casino. Et cela sans un accroc ! Nous ne saurions trop les féliciter tous, car la troupe est homogène, sans oublier le grimeur, M. Henri Emotte, qui avait ample matière à exercer son art. Mlles Maria et Irma Dubois ont rempli leurs rôles - elles en

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avaient deux chacune - en vraies artistes. Leur jeune sœur, Mlle Jeanne Dubois, qui débutait, faisait une Hélène très réussie. Tous les personnages étaient croqués sur le vif et longtemps encore on se souviendra des tribulations que peut causer un chapeau de paille.



Et voici, le 6 avril 1902, la dernière mention des trois sœurs, dans une soirée donnée le 30 mars dans la salle du Casino :
[...]

La partie dramatique se composait de trois pièces réellement bien choisies : Brouillés depuis Wagram, Chez une petite dame et Mon Isménie ! Elles ont été enlevées avec brio. Les acteurs méritent les plus vifs éloges : il serait difficile, si pas impossible, de faire mieux. Les rôles féminins étaient incarnés à la perfection par Mlles M., I. et J. D. Nous les félicitons du naturel et de l'élégance avec lesquels elles ont joué. Bravo à tous ! Nous avons eu du vrai théâtre, et ce sur une scène grande comme la main et en des décors préhistoriques. Bravo également au grimeur pour le talent qu'il a déployé dans la confection de ses têtes caractéristiques.

[...]

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Les demoiselles Dubois et le café des Brasseurs sur la place du Vinâve

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