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1867-1936) Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres qui sont résumées et commentées


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André Durand présente
Luigi PIRANDELLO
(Italie)
(1867-1936)


Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout ‘’Six personnages en quête d’auteur’’ et ‘’ Henri IV’’

qui sont étudiés dans des dossiers à part).

Bonne lecture !

Il est né en Sicile, à Girgenti (aujourd’hui Agrigento), le 28 juin 1867, pendant une épidémie de choléra, naissance qu’il décrivit ainsi dans le livre de souvenirs que sa mort laissa inachevé : «Une nuit de juin, je suis tombé comme une luciole sous un grand pin solitaire dans une campagne d’oliviers sarrasins, à la crête d’un haut plateau de terre bleue au-dessus de la mer africaine.» La Sicile, île pauvre et illettrée, vouée aux superstitions et au fanatisme religieux, venait de se joindre à une Italie qui était encore en processus d’unification. Mais, sur cette âpre terre, des siècles de civilisation gréco-romaine et musulmane avaient déposé leurs traces, et, en voulant expliquer le caractère sicilien, Pirandello allait accorder une grande importance à leur enchevêtrement. Il inscrivit dans son oeuvre la sicilianité profonde, c'est-à-dire l'insularité étouffante, le complexe de l'encerclement, le sentiment tragique de la vie, la clôture de la conscience, la solitude et la souffrance, la violence des sentiments et le respect aveugle des traditions. Impressionné par les histoires terrifiantes que lui contait sa nourrice paysanne, Maristella, il allait écrire certaines de ses oeuvres dans le dialecte de sa région, pensant que «l'italien est la langue du concept et de la raison, le dialecte celle du sentiment», et évoquer avec tendresse ceux que, bien qu’agnostique, il appelait « Povere Cristo ».

Il grandit, entre Porto Empedocle et Girgenti, à l'extrême sud de l’île, sur un littoral plat, limoneux, hébété de chaleur, au lieu-dit ‘’lu Causu’’ (‘’le Chaos’’ : il pourra dire : «Je suis né du chaos»), dans la bourgeoise propriété familiale, car son père, don Stefano, était propriétaire d’une mine de soufre. Autant sa mère était douce, conciliante mais terrorisée, autant son père était autoritaire et violent. Sa soeur, qui hallucinait, le voyait en loup. Lui-même eut, avec cet homme souvent absent car absorbé par ses affaires et qui, les rares fois où il était à la maison, se montrait violent, se déchaînait dans des colères terribles. Dans son « roman familial », il se vit comme un « enfant échangé », interverti par accident, et, tout au long de sa vie et d’une oeuvre foisonnante, il allait s'efforcer de confirmer ce statut en se consacrant à l'écriture, il interrogea ce père qu'il lui fallut accepter comme sien mais qu’il détestait, avec lequel il avait des relations difficiles. À l'âge de quatorze ans, il le surprit avec sa maîtresse au visage de laquelle il cracha. Auparavant, à l'âge de dix ans, il aurait fait l'apprentissage traumatisant, au point d'en garder l'empreinte pour la vie entière, de la mort et de l'amour, car, étant allé à la morgue par curiosité et y ayant observé un cadavre, il aurait découvert un couple qui y faisait l'amour en cachette. L’expérience de la vie familiale, les incompréhensions, les trahisons allaient être les premières sources de son oeuvre qu’il aurait inaugurée à l’âge de douze ans en écrivant une petite tragédie qui fut jouée en famille.

En 1882, la famille vint habiter Palerme.

En 1884, Pirandello travailla avec son père à l’exploitation de la mine de soufre.

En 1885, il commença des études de droit et de lettres à Palerme.

Avec l’obéissance d’un fils de bonne famille, il se fiança, en vue d’un mariage de convenance typiquement sicilien, avec Antonietta Portulano, fille d’un associé de son père, qu’il n’avait vue qu’enfant.

En 1889, grâce à la pension que lui versait son père, il poursuivit ses études à la faculté de lettres de Rome, logeant chez un oncle qui avait été un lieutenant de Garibaldi.

Il écrivait des poèmes, des nouvelles et des pièces de théâtre.

Il publia d'abord des poèmes :

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‘’Mal giocondo’’

(1889)


‘’Mal joyeux’’
Recueil de poèmes

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En 1891, Pirandello, qui s’était querellé avec un de ses professeurs de Rome et qui suivit l’avis d’un autre professeur, passa à l’université de Bonn, où il fut reçu docteur en philosophie pour une thèse sur le dialecte d’Agrigente : ‘’Laute und lautentwickelung der mundart von Girgenti’’. L'année suivante, il y fut lecteur d’italien.

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‘’Pascua di Gea’’

(1891)


‘’Les Pâques de Gea’’
Recueil de poèmes
Commentaire
Il fut dédié à Jenny, une blonde amoureuse allemande.

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En 1892, Pirandello, malade, revint à Rome où, fréquentant les milieux littéraires, surtout le cercle des véristes, il fut considéré comme un précieux témoin puisque, de retour d’Allemagne, il pouvait juger avec un grand esprit critique sa terre natale où, à travers l'agitation sociale des « fasci siciliani », groupement de travailleurs, grondait le mécontentement contre les dirigeants romains corrompus qui semblaient ignorer la détresse de l’île.

Profitant toujours de l’aide financière de son père, il put mener la « dolce vita » avec des jeunes filles plus délurées que celles de sa sévère Sicile, et continuer à écrire des pièces de théâtre (qu’il ne parvenait pas à faire jouer, ce qui lui fit jurer qu’il abandonnait le théâtre pour toujours !) et des textes narratifs, trouvant ses personnages parmi les humbles paysans et la petite bourgeoisie.

Il publia :

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‘’Arte e conscienza d’oggi’’

(1893)


‘’Art et conscience d’aujourd’hui’’
Essai
Pirandello exprima ses vues sur la place que la science et la philosophie modernes ont assignée à l’espèce humaine dans l’univers post-copernicien. Il disait que, depuis que la Terre ne pouvait plus être considérée comme le nombril d’une création sans limite, les êtres humains sont rÉduits à une situation mélancolique dans la nature, et un poète humoriste pourrait y trouver un thème d’inspiration.

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‘’L'esclusa’’

(1893)


‘’L'exclue’’
Roman
Marta est chassée par son mari, Rocco, qui la soupçonne de trahison : il vient de découvrir en sa possession une lettre passionnée, au reste purement platonique, que lui adresse un intellectuel raffiné du lieu, Gregorio Alvignani, député au parlement. Elle passe pour coupable auprès de tous, même auprès de son père, Francesco Ajala. Ce dernier, lorsqu'elle se réfugie chez lui, s'enferme dans un isolement obstiné, se ruine et meurt d'une crise cardiaque. Marta, après avoir vainement cherché à gagner sa vie et celle de sa mère dans le pays, accepte un poste d'institutrice à Palerme. Mais là, la jeune femme, admirée et entourée d'attentions par ses collègues, est mûre pour l'amour et devient la proie facile d'Alvignani, qu’elle a rencontré par hasard. Aussi quand Rocco, convaincu de l'innocence de sa femme, vient la chercher, il trouve en Alvignani un obstacle inattendu à la réconciliation. Marta, dans un moment d'humilité et de désespoir, confesse la vérité. Rocco, qui a un brusque élan d'amour pour cette femme tant désirée, n'a pas la force de s'éloigner.

Commentaire
Le roman, récit paradoxal du destin social d'une femme qui, injustement accusée d'adultère et chassée, ne reconquiert un statut social qu'en se livrant effectivement à la faute qu'on lui reprochait, est marqué par l'influence du vérisme. Pirandello n'avait pas encore adopté les principes qu'il allait développer dans ses nouvelles et affirmer dans son théâtre, mais il cherchait sa voie dans le goût naturaliste du temps. De ce fait, le plus grand défaut du livre est le mode froid et sec sur lequel l'histoire est contée : le roman devient ainsi une chronique dénuée d'émotion, à part quelques effusions sentimentales et psychologiques d'assez mauvais goût. On ne peut nier cependant une certaine puissance dans l'art de ménager les situations. La vie de l'héroïne, de par son aspect équivoque, faisait présager de nombreux personnages du théâtre pirandellien.

En 1919, Pirandello tira de ‘’L'exclue’’ la comédie ‘’L'homme, la bête et la vertu’’.

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En janvier 1894, « pour échapper à l’amour », Pirandello épousa Antonietta Portulano. Le couple s’installa définitivement à Rome et coula d’abord des années paisibles, ouatées davantage par la grasse dot de l’épouse que par les revenus modestes de l’écrivain.

Il publia :

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‘’Amori sema amore’’

(1894)


‘’Amours sans amour’’
Recueil de nouvelles

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Treize autres recueils de nouvelles allaient paraître successivement jusqu'en 1919.

En 1895 naquit à Pirandello un premier fils, Stefano.

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‘’Elegie renane’’

(1895)


‘’Élégies rhénanes’’
Recueil de poèmes

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‘’Il turno’’

(1895)


‘’Chacun son tour’’
Roman
Marcantonio Ravi envisage de donner en mariage sa fille, la belle Stellina, au vieux et immensément riche Don Diego Alcozer, dandy qui est veuf de quatre femmes. Il essaie de justifier sa décision à sa famile et ses voisins consternés, et il incite l’indolent et pauvre Pepe Alletto, qui était le prétendant de Stellina, à espérer que, dans quelques années, après la mort de Don Diego, il aura son tour. Stellina elle-même est amèrement opposée au mariage, et s’évanouit lors de la réception du mariage, devant le tremblement de son vieil époux. Puis la spirale des évènements s’emballe quand Pépé, poussé par son beau-frère, Ciro Coppa, un bouillant avocat, s’engage, pour défendre Stellina, dans un duel qu’il aurait pu éviter et dont il sort sérieusement blessé, que Stellina, lassée d’attendre la mort de son époux, épouse Ciro Coppa qui est devenu veuf.
Commentaire
Le roman est divisé en trente très courts chapitres, ce qui permit de rapides changements de situations et de lieux, de mettre successivement au premier plan les différents éléments du plan de Marcantonio Ravì, qui est la cause des évènememnts étranges et imprévisibles. Pepé Alletto est le représentant typique d’une certaine aristocratie de province, profondément paresseuse et moralement faible : il vit dans l’ombre de sa vieille mère qui ne lui permit jamais de travailler (situation à laquelle il s’adapte fort bien !) par souci de la dignité de son état ; il passe son temps à prendre soin de son apparence et à rêver de la grande ville ; l’idée du « tour » lui offre un but inespéré, une belle femme et un grosse dot, la solution de tous ses problèmes. On comprend que Pirandello ait pu définir son roman comme « gai mais pas enjoué » S’il s’est livré à un feu d’artifice d’inventions amusantes, en arrière-plan, subsiste l’ombre du mécontentement de chacun des personnages, dont les désirs ne sont jamais, ne peuvent jamais, être satisfaits, étant annihilés par les évènements imprévisibles et incontrôlables. La femme est le centre d'attraction de cette farce grinçante sur le thème du mariage de raison et de gratitude, où déjà l'intensité du dialogue préfigura les rapides échanges de passes verbales des grandes comédies.

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À la fin de 1895, Pirandello composa une comédie en trois actes à laquelle il donna le titre de ‘’Il nido’’, qu’il allait changer en ‘’Il nibbio’’, puis allait être créée sous le titre ‘’Se non così’’ et finalement s’appeler ‘’La ragione degli altri’’.

En 1896, il donna une traduction des “Römische Elegien” (‘’Élégies romaines’’) de Goethe.

En 1897, il fut nommé suppléant à la chaire de langue et de littérature italiennes à l'’’Istituto superiore di magistero’’ (‘’Institut supérieur pédagogique’’) de Rome, qui était destiné aux jeunes filles.

Naquit une fille, Lietta.

En 1898, il publia sous le titre ‘’L’epilogo’’ (‘’L’épilogue’’) une pièce de théâtre qui allait devenir :

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‘’La morsa’’

(1898)


‘’L’étau’’
«Épilogue» en un acte
Giulia, qui a des sentiments spontanés et passionnés, se trouve à l’«épilogue» de sa relation adultérine avec Antonio, un avocat sans colonne vertébrale et timide. Mais son mari, Andrea, qui est détaché et froid, les a espionnés et veut se venger en enserrant Julia dans un « étau » où elle se débat seule. Il la chasse sans lui laisser voir ses enfants une dernière fois. Un coup de revolver résonne : elle s’est tuée, et Andrea accuse Antonio de l’avoir tuée.
Commentaire
C’est une étude de caractères détaillée et accomplie. La peur d’être découverts par le mari a empêché les amants de goûter paisiblement leur passion et les a déjà enfermés dans un étau mortel. Giulia est la victime des deux hommes..

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En 1899 naquit un second fils, Fausto.

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‘’La zampogna’’

(1901)


‘’Cornemuse’’
Recueil de poèmes

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En 1903, la soufrière, où don Stefano avait investi son propre argent, celui de son associé et la dot de sa belle-fille, fut détruite par une inondation et un éboulement. Pirandello se retrouva d’un coup pauvre, avec sa femme gravement malade : à la nouvelle de la ruine, elle avait en effet subi une atteinte de parésie, dont elle se remit six mois plus tard, et une altération mentale dont elle n’allait jamais se remettre. Torturée par une jalousie maladive qui finit par la rendre folle, elle ne cessait de le tourmenter, lui imposant un isolement qui l’obligea à mettre en veilleuse sa carrière d’écrivain, lui reprochant les inoffensives avances que lui faisaient ses élèves, celles de l’Institut et celles auxquelles, du fait de ses difficultés financières, il donnait des leçons particulières d’allemand et d’italien ; elle soupçonna même une relation incestueuse avec Lietta, pour laquelle il est vrai il avait un amour égoïste et exclusif. On a pu se demander s’il est devenu un grand écrivain parce que sa femme était folle ou vice versa. Ce qui importe, c'est que, rongé par la culpabilité et par la tristesse que lui inspirait la maladie de sa femme, ce cas familial conditionna désormais son inspiration, qu’il ne cessa de questionner la folie dans son œuvre.

Pour faire face à des difficultés financières imprévues et graves, il écrivit et publia en feuilleton dans une revue, au fur et à mesure de sa rédaction :

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‘’Il fu Mattia Pascal’’



(1904)

‘’Feu Mathias Pascal’’


Roman
Mathias Pascal est un garçon timoré, qui vit en province, pour qui la vie est l’enfer sur terre : il est pris au piège d’un affreux mariage, réduit à la pauvreté par un escroc, espionné et tenu étroitement en laisse par cette vieille harpie qu’est sa belle-mère. Après la mort de son enfant bien-aimé, il est submergé de désespoir. Un jour, s’étant pris de querelle avec sa femme et sa belle-mère, il abandonne le foyer conjugal et fuit vers l'Amérique. Il s'arrête en route à Monte-Carlo, risque ses derniers sous à la roulette et gagne plusieurs dizaines de milliers de lires. En revenant chez lui par le train, il lit dans un journal qu’un corps dans un état avancé de putréfaction a été trouvé dans la petite rivière qui traverse son village et a été, avec une indécente rapidité, identifié comme le sien par son acariâtre belle-mère. Cette étrange situation lui donne l’idée de tenter de commencer une vie nouvelle en marge de l'état-civil, libéré de tous les préjugés et de tous les liens sociaux. Feu Mathias Pascal, ayant surpris une conversation au sujet de l’empereur Hadrien, figure de pouvoir, monarque de tout ce qu’il domine, décide d’adopter la forme italienne du nom : il devient Adriano Meis. Il s'installe à Rome dans une pension de famille, tenue par Anselme Paleari et sa fille, Adrienne, mais dirigée en fait par un dangereux individu, Térence Papiano, veuf d'une seconde fille de Paleari. Dans la maison vivent deux autres personnages : Scipion, le frère de Térence, à demi épileptique, et voleur, ainsi que Silvia CaporaIe, professeur de musique, victime de Papiano, mais que le maître de céans, fanatique de spiritisme, estime pour ses éminentes qualités de médium. Tels sont les personnages qui vont recréer autour de Mathias Pascal la vie de société qu'il avait pensé fuir à jamais. C'est dire que la vie quotidienne recommence, avec ses petits événements, ses aventures agréables ou désagréables, sans oublier l'humble amour dont la jeune Adrienne entoure le fugitif. Mathias est partagé entre la crainte de voir se découvrir sa situation équivoque et le besoin de se sentir vivre en se liant à ses semblables par un nouveau réseau d'intérêts et de sentiments. Il ne peut guère échapper à ce dilemme. Mathias ne peut s'affranchir de la nouvelle réalité qui l'entoure que par un nouveau dècès. Il décide donc de manigancer son suicide, de tuer Adrien Meis et de de s’échapper dans sa première vie en retrouvant sa véritable identité de Mathias Pascal. Il s'en retourne dans sa province mais trouve sa femme remariée à un ancien prétendant et mère d'une fillette. Dès lors, il se voit contraint de demeurer feu Mathias Pascal. De temps à autre, il s'en va visiter sa propre tombe, sujet de moquerie pour ses concitoyens.
Commentaire
Le véritable roman commence quand, dépouillé de sa personnalité sociale, Mathias Pascal n'est plus rien, ni personne. « Nos histoires sont comme des biographies de vers de terre », se lamente-t-il.

La vie dans la pension de famille est le point culminant du roman, le plus authentiquement poétique. Dans bien des pages, Pirandello a su admirablement dépeindre la figure timide et désolée d'un Mathias perdu dans sa solitude sans écho et guidé seulement par son inutile « petite lanterne » (c'est ainsi que l'auteur désigne toutes les facultés de l'être humain). Il subit alors la tyrannie de la liberté absolue. Il apprend combien notre personnalité dépend de la façon dont elle est réfléchie par le monde qui nous entoure, combien il reste peu de nous quand nous n’existons plus pour les voisins, pour la communauté. Cette solitude trouve son cadre dans la petite bourgeoisie citadine, étouffée par la gêne, les préjugés et les habitudes. Mais la fin du roman est moins heureuse, les dernières pages sont arides. Ici, l'imagination de Pirandello semble s’être tarie : on entre dans une sorte de jeu, dans le domaine de la farce, une farce ingénieuse certes, mais qui détruit le thème si douloureusement humain de l'aventure de Mathias.

Le roman, qui est tantôt très amusant, parfois même hilarant, tantôt très émouvant, troublant, tragique, marqua le passage chez Pirandello du roman de mœurs à l'analyse d'un personnage particulier. Ici s'esquissèrent des lignes de la problématique socio-psychologique qu’il allait développer : la question de l'identité de l'individu et de sa dépendance par rapport à un ordre social et à une attente psychologique de la part d’autrui ; ce relativisme psychologique qui allait être un thème constant de son oeuvre, clairement exprimé dans ‘’Un, personne et cent mille’’ : nous ne sommes que ce que les autres font de nous ; notre prétendue identité est une apparence ; si les autres ne nous reconnaissent pas, nous sommes morts ; nous ne vivons que par l’idée qu’ils se font de nous-mêmes ; l’individu en quête d’une identité personnelle est voué à l’échec car force lui est de reconnaître que c’est la pensée des autres, avec tout ce qu’elle implique d’aliénation par malentendu ou par mauvaise foi, qui lui donne vie, qui crée le personnage.

Le roman connut un grand succès et, très vite traduit dans toutes les langues européennes, assura à Pirandello une renommée internationale. « Il y a quelque chose de nouveau et de vital dans cet écrivain. » nota James Joyce, Il est resté son roman le plus célèbre. En dépit de ses défauts, il peut être mis au nombre de ses chefs-d'œuvre et demeure indéniablement un des meilleurs romans italiens. Il semble bien qu'il soit la source du ‘’Cadavre vivant’’ de Tolstoï.

Il a été adapté au cinéma, d’abord en 1925, par Marcel L’Herbier avec I. Mosjoukine dans le rôle principal ; puis en 1937 par Pierre Chenal, avec Pierre Blanchar.

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‘’La veglia’’

(1904)


‘’La veille’’
Nouvelle
Commentaire
La nouvelle figura dans le recueil ‘’In silenzio’’.

Elle devint le premier acte de ‘’Comme avant, mieux qu'avant’’.

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Poussé par des motifs pécuniaires, désireux de donner du poids au dossier qu’il réunissait pour obtenir un poste de professeur, Pirandello publia, en les dédiant « à la mémoire de feu Mathias Pascal, bibliothécaire... »  :

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‘’Arte e scienza’’

(1908)


‘’Art et science’’
Essai
« Chaque oeuvre scientifique est science et art, comme chaque oeuvre artistique est art et science. De même que spontanément, il y a de l’art dans la science, spontanément, il y a de la science dans l’art. »

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‘’L’umorismo’’

(1908)


‘’L’humorisme’’
Essai
« L'humorisme est un phénomène de dédoublement dans l'acte de la conception ; il est comme un Hermès Bifrons dont un visage rit des pleurs de l'autre visage ». Il est basé sur l’expression artistique d’éléments contradictoires. Ils provoquent un « sentiment du contraire » qui engendre une dislocation des apparences par la réflexion, une décomposition des évidences, une perturbation de la stabilité des opinions. Le comique réside dans cette « contradiction fondamentale entre l’aspiration humaine et la fragilité humaine », une contradiction qui entraîne «  une certaine perplexité entre les larmes et le rire ». La réflexion se transforme en une « sorte de petit démon qui démonte le mécanisme de chaque image, de chaque fantasme engendré par le sentiment». La fonction de l’humoriste est d’enlever les masques qui nous cachent les uns aux autres comme à nous-mêmes, qui cachent aussi nos êtres anciens. « L'artiste ordinaire ne fait attention qu'au corps, l'humoriste au corps et à l'ombre ; et parfois, plus à l'ombre qu'au corps ; il note toutes les plaisanteries de cette ombre, comment tantôt elle s'allonge et tantôt se raccourcit, comme pour faire des grimaces au corps qui, pendant ce temps, n'en tient pas compte et n'y prend pas garde ».
Commentaire
L’essai est d’abord un traité esthétique qui posait les bases théoriques de l’art de Pirandello qui, à ses débuts, était déjà cet écrivain subversif qui n’allait rien laisser en place dans la littérature italienne. Si l’« humorisme » est le nom que, d'une façon indirecte, il donna à son art, ce fut pour mettre en évidence le fait que la représentation artistique ne peut être que problématisante. C’était un discours moderne à la lettre car le sentiment du contraire rend l’oeuvre subversive.

Il se définit lui-même un humoriste, Cette étiquette lui convient, mais à condition de ne pas confondre, comme on a coutume de le faire trop souvent en France, humoriste et auteur gai ou auteur comique. L'humour de Pirandello se rapproche beaucoup plus de celui d'un Swift ou d'un Dickens que de celui d'un Tristan Bernard ou d'un Mark Twain. S'il éveille parfois le sourire, plus souvent, il tend à émouvoir, et même jusqu'aux larmes. C'est à la vérité un humour qui ne ressemble à aucun autre que l'on trouve chez lui, un humour fait d'ironie et de clairvoyance impitoyables, qui, non seulement excelle à discerner l'endroit et l'envers de tous les sentiments humains, la part de drôlerie contenue dans un drame, la part de tragique contenue dans une farce, mais encore et surtout qui s'applique à mettre en lumière l'incessante comédie que chaque homme ou chaque femme se joue à lui-même de sa naissance à sa mort.

Il donna cet exemple d'humorisme : « Je vois une vieille dame aux cheveux teints, enduits d'on ne sait quelle affreuse pommade, ridiculement fardée et accoutrée de vêtements convenant à la jeunesse. Je me mets à rire. Je perçois que cette vieille dame est le contraire de ce que devrait être une vieille dame respectable. Je peux ainsi, de prime abord et superficiellement, m'en tenir à cette impression comique. Le comique est précisément une perception du contraire. Mais si ma réflexion vient à s'en mêler et me suggère que cette vieille dame n'éprouve peut-être aucun plaisir à s'arranger de la sorte comme un perroquet, qu'elle en souffre peut-être et qu'elle ne le fait que parce qu'elle se berce pitoyablement de l'illusion qu'ainsi arrangée, cachant ainsi ses rides et ses cheveux blancs, elle peut retenir l'amour de son mari beaucoup plus jeune qu'elle, voilà que je ne peux plus en rire comme tout à l'heure, justement parce que, la réflexion travaillant en moi, m'a fait pénétrer plus avant : de la primitive perception du contraire elle m'a fait passer à l'actuel sentiment du contraire. Là est toute la différence entre le comique et l'humoristique. »

Ce qui donne toute son originalité à Pirandello, c'est que son « humorisme » n'est pas une simple théorie d'art, un procédé nouveau ou renouvelé d'observer et de peindre les êtres humains, mais qu'il dérive d'une conception fondamentale de la vie et de la personnalité humaines.

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En 1908, à la suite de la parution de ces deux essais, Pirandello fut nommé professeur titulaire à l'’’Istituto superiore di magistero’’, ce qui mit fin à ses soucis d’argent et lui permit enfin de se consacrer entièrement à la littérature, tous les jours et de huit à treize heures tous les dimanches.

En 1909, il commença à collaborer au ‘’Corriere della sera’’.

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